« Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends. »

24/10/2017

Cela ressemble à une de ces « phrases chocs » visant à marquer les esprits, à un dicton populaire frappé au coin du bon sens… Il s’agit en fait d’une phrase prononcée par Nelson Mandela.

Bien sûr cela peut renvoyer à une philosophie personnelle, à la capacité d’un individu à adopter une vision positive de son action, à de l’optimisme incarné par le sourire généreux de Mandela !

 

2017 Blog61 Mandela

 

Si nous nous situons dans l’entreprise, nous pouvons considérer 3 niveaux d’intégration de ce principe d’action, de cet état d’esprit.

 

Il s’agit d’abord de pratiques professionnelles à développer dans les équipes.

Apprendre de ses erreurs, c’est donc avoir le droit à l’erreur… C’est aussi prendre en considération les résultats imparfaits, les non conformités, les objectifs partiellement ou non atteints…tout ce qu’habituellement l’entreprise traque pour que cela n’existe pas ! Et surtout c’est analyser ce matériau pour en tirer des enseignements, des bonnes pratiques. Le double mouvement du « test & learn » est indispensable pour dépasser l’erreur, la rendre instructive. Commettre des erreurs est nécessaire mais pas suffisant ; la distance critique et un processus exploratoire font la valeur ajoutée de la démarche.

Ici, le manager joue un rôle important en accordant le droit à l’erreur et en accompagnant ses collaborateurs dans l’apprentissage. Mais l’essentiel consiste pour lui à donner l’exemple en s’appliquant à lui-même ce principe, à accepter d’être imparfait, à avoir l’humilité d’être en apprentissage permanent !

 

Il s’agit ensuite de culture d’entreprise.

Une culture d’entreprise fondée sur une double tension : agir pour gagner avec détermination, engagement, pugnacité, ET agir pour apprendre avec une capacité à accueillir des choses différentes de ce qui était prévu, à remettre en cause ses savoir-faire. Un changement d’état d’esprit avec une ouverture à faire du ET, à dépasser les contradictions apparentes.

Trois éléments clés pour que cette dynamique produise de la valeur ajoutée : Oser, Expérimenter, Lâcher le résultat immédiat pour l’apprentissage individuel et collectif.

Surtout, cette culture d’entreprise repose sur la confiance : confiance en soi pour oser, confiance qu’on me fait pour expérimenter, et confiance en l’entreprise qui valorisera les apprentissages.

 

Enfin, il s’agit d’une stratégie de transformation

La capacité individuelle et collective à l’apprentissage continu est une ressource vitale pour la transformation de l’entreprise et sa pérennité dans le monde VICA où le changement est permanent et la complexité accrue.

Dans ce contexte, le « feu d’artifice » des projets correspond à la nouvelle dynamique nécessaire et remplace l’habituelle gestion de projets de changement devenue inopérante. Il s’agit de lancer en « bouquet » plusieurs projets, de nature, de taille, de durée différentes, dont la finalité est tout autant, voire davantage, de produire des savoir-faire que du résultat. Chaque projet fabrique des « briques de savoir-faire » utilisables et réutilisables dans des combinaisons différentes, dans de nouveaux projets. C’est sa contribution à la valeur ajoutée de l’entreprise. Certains projets sont programmés dès leur lancement sur une durée très courte, d’autres s’arrêteront plus vite que prévu car le besoin aura évolué rapidement ou les premiers résultats ne sont pas probants, d’autres enfin seront prolongés car donnant des résultats, des apprentissages au-delà des attendus… Agilité !

C’est grâce à ce « feu d’artifice » de projets qu’en 2016 un leader de l’industrie alimentaire a lancé et géré 72 projets, gagnants et apprenants. N’oublions pas que la réussite est aussi source d’apprentissage ! Gagner ET apprendre.

Pour que le ressenti des équipes reste positif et que l’incompréhension voire la frustration ne dominent pas, il est indispensable que ce changement de paradigme soit explicite et explicité de façon pédagogique. Il faut aussi que le développement des compétences soit manifeste et qu’il concoure à l’employabilité de demain.

 

 

Véronique Rousseau